Les chroniques
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L’aster, étoile de la plate-bande automnale

Aster, astre, star: ces trois mots dérivent du même mot grec désignant «corps céleste» ou «étoile». Et, bien que ce nom lui fut donné pour qualifier sa fleur en forme d’étoile, l’aster est bel et bien une étoile à sa façon, car il règne en vedette sur nos plates-bandes automnales.

À bien y penser, les fleurs en automne sont plutôt rares. Il y a, bien sûr, encore quelques annuelles et vivaces qui fleurissent jusqu’en octobre, mais la plupart des fleurs de l’été sont maintenant fatiguées et se laissent facilement dominer par les rares plantes qui osent fleurir à une saison où la vie végétale est sensée ralentir en préparation de l’hiver. Parmi les vraies fleurs d’automne, il n’y a guère pour embellir nos plates-bandes de fin de saison que le chrysanthème, la colchique, la verge d’or… et l’aster. Pas surprenant, donc, qu’on les apprécie tant.
Une plante bien de chez-nous

L’aster est une plante bien de chez-nous. On en dénombre plus de trente espèces au Québec, pour la plupart des vivaces des champs ou du bord des bois et à floraison automnale. N’essayez pas cependant de les démêler: même les botanistes perdent leur latin devant ce genre complexe et variable qui semble en pleine évolution.

Curieusement, l’aster de culture, bien qu’ayant des origines québécoises, nous vient de l’Europe. En effet, au siècle dernier, les Anglais, éperdument amoureux de cette plante du Nouveau Monde, en importèrent et firent de nombreux croisements afin d’augmenter le choix des couleurs, réduire la hauteur, prolonger la saison de floraison, etc. Il en résulte que l’aster de la Nouvelle-Angleterre (Aster novae-angliae) et l’aster de New York (Aster novi-belgii), qui, à l’état sauvage, ont de petites fleurs violettes, ont, en culture, de plus grandes fleurs blanches, roses, rouges, lavande, bleues ou violettes, toujours avec un centre jaune.

Ce qu’ils ont gagné en coloris, par contre, ils l'ont perdu en rusticité. Alors que les asters sauvages sont parfaitement rustiques presque partout au Québec, les hybrides modernes sont à la limite de leur rusticité en zone 4. Mieux vaut les planter dans un lieu abrité où s’accumule la neige durant l’hiver. En effet, avec un minimum de protection ils reviendront alors d’année en année.

Une culture facile
L’aster se plante au printemps ou à l’automne. Installez-le dans un emplacement bien drainé, au sol fertile et, sinon en plein soleil, du moins avec beaucoup de lumière. Pour augmenter la floraison et obtenir des plantes plus compactes, on peut pincer régulièrement l’extrémité des tiges en juin et juillet: on stimule ainsi le développement d’un plus grand nombre de tiges florales. À partir d’août, par contre, il faut arrêter les pinçages pour donner à la plante la chance de former ses nombreuses fleurs. L’aster est de taille très variable, mais beaucoup de cultivars dépassent 1 m de hauteur et exigent un tuteur.

L’aster est une plante forte qui prend beaucoup d’expansion avec le temps. Il faut donc le diviser régulièrement, aux 3 à 5 ans. Ce travail s’effectue soit en octobre, à la fin de la saison de floraison, ou au printemps. On peut aussi le multiplier par boutures faites au printemps. Elles donneront déjà une petite floraison dès le premier automne.

Un autre avantage de l’aster est qu’il produit tellement de tiges florales qu’on n’a pas à se sentir gêné de cueillir quelques fleurs pour des bouquets automnaux, bouquets, qui d’ailleurs, sont particulièrement durables.

Quant au choix des cultivars (et il y en a des centaines), je vous suggère de consulter un pépiniériste local pour obtenir des suggestions. J’en ai déjà importé des États-Unis pour découvrir que plusieurs fleurissaient si tard que les gels étaient arrivés avant l’épanouissement des premières fleurs. Mieux vaut alors prendre une variété peut-être moins moderne, mais plus fiable sous notre climat.

Cet automne, donc, découvrons ensemble cette étoile bien de chez-nous!

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